Question écrite : conséquences de l'exportation massive de grumes vers l'Asie sur la filière bois française

Publiée dans le JO Sénat du 28/09/2021

M. Éric Kerrouche interroge M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation au sujet des graves difficultés que rencontre l'ensemble de la filière française du bois en raison de l'exportation massive des grumes françaises vers l'Asie.


La situation tant économique que sur l'emploi dans ce secteur d'activité devient critique et l'ensemble des partenaires sociaux des industries des bois et de l'importation des bois lancent un cri d'alerte.


Ils ont décidé, afin d'assurer la sauvegarde des entreprises et des emplois qu'elles représentent, d'établir une déclaration commune pour alerter pouvoirs publics et institutionnels sur les risques encourus.


En effet, depuis six mois, 100 % des volumes de chênes de la foret privée partent à l'exportation, principalement en Chine et 90 % des scieries de chênes n'ont plus assez de bois pour assurer leurs besoins de l'année.


Ce phénomène s'étend maintenant aux volumes de résineux, matière première essentielle du bois construction et palette.
Cette situation s'accélère et s'amplifie avec la décision de la Russie de bloquer ses exportations de grumes et de sciage auprès de son client principal, l'Asie.


En termes écologiques et climatiques, l'impact n'est pas non plus neutre puisque l'export des grumes vers la Chine a également pour conséquence concrète d'annuler le bénéfice de la captation de carbone par le bois. Le gâchis écologique est donc immense car il détruit tout le travail sylvicole de plusieurs générations de forestiers en gaspillant tout le carbone stocké durant la croissance des arbres.


Ce gouvernement a fait de la relocalisation de l'industrie française une de ses priorités, l'exportation des grumes ne peut donc plus être tolérée tant que la sécurisation des approvisionnements des entreprises ne sera pas assurée.


L'urgence de la situation nécessite la mise en œuvre de procédures adaptées et rapides pour trouver les solutions les plus efficaces afin de remédier à une situation qui peut entrainer rapidement des défaillances d'entreprises.


Aussi, il lui demande quelles mesures entend prendre le Gouvernement pour sauver les entreprises françaises de la filière bois et ses salariés afin de relocaliser l'activité et les emplois concernés en valorisant une matière première indispensable aux entreprises, aux salariés et aux consommateurs.

 

 

> En attente de réponse du Ministère de l'agriculture et de l'alimentation